Réflexions sur le webdesign, les nouvelles technologies, la vie ...

Piratage de logiciels, paroles d’experts

1247319376_ProtectionDans le monde du web, il est presque normal d’avoir des logiciels piratés. Il devient aussi facile de télécharger un logiciel coutant des milliers d’euros que de faire une recherche Google.

Malheureusement, on oublie trop facilement que le piratage et l’utilisation de logiciels piratés est puni par la loi.
Selon Natacha Jollet-David*, porte-parole pour la France de la BSA (association d’éditeurs de logiciels propriétaires et d’équipementiers), il y aurait près d’un logiciel sur 2 qui est installé illégalement (sans licence). En 2 ans, le taux de piratage est passé de 45 à 40%, mais la France reste au dessus de la moyenne Européenne: 35% (seulement 27% en Grande Bretagne).

Selon la loi en France, que risquent les utilisateurs de logiciels piratés ?

Sur le plan pénal, le Code de la propriété intellectuelle (CPI) prévoit jusqu’à 300.000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement pour le(s) dirigeant(s) en cas de contrefaçon. Cette amende peut atteindre 1,5 million pour l’entreprise, selon le Code pénal. Sur le plan civil, l’entreprise devra indemniser l’éditeur pour les préjudices matériel et moral subis et verser des dommages et intérêts dont le montant peut aller jusqu’à deux fois la valeur des logiciels piratés ou sans licences. Pour finir, l’entreprise devra également régulariser son parc et acheter les licences manquantes si elle souhaite continuer à utiliser les logiciels en question.

Le piratage de logiciels entraine également des risques techniques et de réputation.


Risques techniques, car l’entreprise qui utilise des logiciels piratés se prive des mises à jour, « patch », correctifs automatiques, formations et support technique prévus par les éditeurs. Elle s’expose ainsi à l’introduction de virus, vers ou chevaux de Troie, à des dysfonctionnements (pertes d’informations et de fonctionnalités) et à des failles de sécurité. L’utilisation de copies illicites ne contribue pas à donner une image professionnelle de l’entreprise. Les collaborateurs, les clients et fournisseurs peuvent y voir un manque de sérieux ou une faille de gestion menaçant la pérennité de l’entreprise. Les concurrents peuvent également y voir une forme de compétition déloyale. De plus, un jugement pour contrefaçon rendu public peut définitivement porter atteinte à la réputation de l’entreprise.

Avec le durcissement de la loi et du combat mené contre les pirates, l’open source peut être une alternative à l’achat de licences ?

L’open source est un modèle de licence communautaire qui permet de rendre librement accessible le code source aux utilisateurs, sans paiement. Sous certaines conditions, les utilisateurs peuvent redistribuer, modifier et enrichir le code source. Les services comme le support, la formation et les mises à jour peuvent être fournis par différentes entités, dont des entreprises privées, et peuvent être payants. L’utilisateur est alors à la merci de la communauté pour les différents services qu’il est en droit d’attendre.

Le logiciel dit « commercial » ou « propriétaire » est développé par un éditeur dont la licence est commercialisée, directement ou indirectement à travers des réseaux de distribution. Il y a paiement d’une redevance (licence) par le client. Le coût de celle-ci inclut généralement un certain nombre de services comme le support ou la formation. Le code source n’est ni accessible, ni ouvert à modification.

Chacun de ces modèles – commercial et open source – a sa place dans un marché du logiciel, ouvrant une concurrence diversifiée. L’innovation dans le domaine des logiciels constitue un moteur pour le progrès économique, social et technologique. Que plusieurs modèles de développement de logiciels et plusieurs types de licences puissent être en compétition, choisis et utilisés en fonction de leurs avantages respectifs, est le meilleur moyen de promouvoir l’innovation dans ce domaine. C’est aussi le meilleur moyen d’offrir aux consommateurs – privés et publics – un large choix de logiciels.
D’ailleurs aujourd’hui, un certain nombre de solutions combinent à la fois l’open source et le logiciel commercial.

La lutte contre le piratage logiciel bientôt obsolète ?

Le Software as a Service (SaaS) est un concept consistant à fournir des services ou des logiciels informatiques par le biais du Web et non plus dans le cadre d’une application de bureau ou client-serveur.
Les systèmes hébergés permettent aux éditeurs de contrôler plus facilement qui utilise leurs produits.

Le SaaS est-il une solution efficace pour lutter contre le piratage des logiciels ?

Jamal Labed** (membre de BSA ) :

Je le crois, oui. Dans le cadre des SaaS (Software as a Service), l’éditeur a la main sur le service. Il contrôle les flux passant sur l’application, et est donc plus à même de repérer les anomalies et de se prévenir contre les attaques des pirates. Dans ce sens, les SaaS sont une excellente solution pour éviter que des logiciels ne circulent de façon illégale sur le marché.

Il y a beaucoup de concurrence sur le web, et ces serveurs distants ne peuvent-ils être piratés pour récupérer le code source d’une application ?

Avec Internet on ne peut jamais affirmer qu’une chose est impossible. Mais pour ma part, je ne crois pas que ce soit envisageable. Le niveau de protection de ces services est très élevé. Par exemple pour des sites comme Google ou SalesForce, il me semble impossible de réussir à pirater le système. Autre chose à savoir : l’infrastructure technique des services dématérialisée est bien plus complexe que celle des logiciels individuels. Elle doit rendre le logiciel capable d’accepter que de multiples personnes différentes se connectent dessus pour effectuer des taches différentes. Ce n’est plus un simple logiciel, mais un service qui réclame une véritable équipe derrière pour le faire fonctionner.

Tout laisse à penser que les SaaS sont la solution pour les éditeurs de logiciel ?

Oui, mais cela va demander de la patience. Les systèmes décentralisés sont encore nouveaux. Et il existe une barrière psychologique que les clients n’ont pas encore passée. Il faut du temps aux utilisateurs pour accepter le fait que le logiciel n’est pas installé sur leurs machines mais hébergé par l’éditeur. Pour les éditeurs la problématique est différente. Ils sont obligés de trouver une solution pour lutter contre le piratage. C’est la survie de leur entreprise qui est en jeu. Il faut savoir qu’en France, 40 % des logiciels utilisés en entreprise sont piratés.

Cette situation a mis en faillite de nombreux éditeurs. Le passage au SaaS est donc une étape inévitable à la survie des éditeurs mais ce passage entraîne une transformation du business model.

*Natacha Jollet-David : La Business Software Alliance, créée en 1988, est une des principales organisations dédiées à la promotion d’un monde numérique légal et sûr. BSA est le porte-parole de l’industrie mondiale du logiciel commercial et de ses partenaires constructeurs auprès des pouvoirs publics, des entreprises et des consommateurs. BSA informe sur le droit de la propriété intellectuelle applicable au logiciel ainsi que sur la cyber-sécurité, soutient les politiques publiques favorables à l’innovation et au développement du marché et lutte contre le piratage de logiciels.
**Jamal Labed dirige Staff and Line, fournisseur de solutions de gestion des actifs informatiques.
Sources :
http://www.neteco.com/
http://www.enjeux.org/

Pas de commentaire pour “Piratage de logiciels, paroles d’experts”

Ajouter un commentaire

Combien font 2 + 11 ?
Please leave these two fields as-is: